Même sur Facebook, on peut recevoir des tests de grossesse en cadeau.

14 avril 2008

Juste parce que ça m’a trop marqué. Et parce que c’est quand même rigolo, d’être autant dépendante d’une petite ligne rose ou bleue.

“La légendaire pipette bleue vendue en pharmacie doit battre tous les records par sa capacité à bouleverser une vie…Cinq secondes de trempage et soixante d’attente…Les amours se déclarent dans des lieux romantiques ou des situations torrides, les enfants s’annoncent dans des salles de bains.”

Florence SERVAN-SHREIBER, Conseils d’amie avant d’avoir son premier enfant, 2007

Je suis pas encore dangereusement vieille, ni merveilleusement grosse comme Uranus.

2 avril 2008

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Lundi, c’était ma fête, j’ai vingt-deux ans, une collection de souliers de couleurs bubble gum pop, une pince à sourcils utilisée trop souvent, encore plein de coca zéro dans le réfrigérateur, des gros seins, un livre sur une washingtonnienne obsédée par la queue de politiciens, les pieds les plus laids du monde, des collants troués, le ventre rempli d’une danoise aux fruits des champs, le ventre rempli, mais pas encore rempli comme il le faut, j’ai vingt-deux ans, de belles fleurs sur la table devant moi, une amie extra que je trout slap, j’écoute de la musique gangsta, je suis super heureuse, le printemps, les robes extra courtes dans ma garde-robe, et tout, mais j’ai le ventre vide de bébé.

 

Lundi, c’était ma fête et j’ai magasiné avec ma maman. Nos sacs de chez Tristan, Chapters et Marciano déposés sur les chaises à côté de nous, nous avons discuté de plein de trucs, d’elle qui m’a eu à vingt-cinq ans, qui se souvient d’avoir tellement aimé être enceinte, qui se souvient que j’étais un gros bébé joufflu, et elle m’a dit, pendant que je mangeais ma salade de quinoa, elle m’a dit qu’elle avait hâte de magasiner avec moi des vêtements de maternité. J’ai ri, j’étais heureuse qu’elle me dise ça, je lui ai dit que je voudrais que des robes super moulantes pour mon bedon, des robes en coton American Apparel qui montreraient bien ma fierté de future maman.

 

Je suis comme ma maman, même si à quinze ans je voulais pas trop, même si mon visage allongé retient plus de mon papa, j’ai la petite bouche de ma maman, ses yeux foncés, les mêmes envies de croustilles au bacon, et surtout la même envie, celle d’avoir une famille avant mes trente ans. Ma maman, bam bam bam, une fille à vingt-cinq ans, et deux petits gars qui suivent trois ans après, le rêve. Et lundi, le soir, quand je mangeais du gâteau entourée de mes parents, d’un de mes frérôts et de mon monsieur Big, je me disais que je serais comblée si j’étais vraiment comme ma maman, une fois maman à mon tour, mais peu importe, si je deviens pas la reine des croque monsieurs comme elle, je suis déjà tellement chanceuse de pouvoir promettre à un futur bébé les meilleurs grands-parents du monde. Une grand-maman qui lui trouvera des albums rigolos et des jeans avec des cœurs ou des têtes de mort brodés dessus, une grand-maman qui lui donnera des supers calins, et des suçons au beurre. Un grand-papa qui prendra un million de photos de lui, en tutu rose ou en costume de pirate, avec un casque de douche sur la tête ou les pieds dans le bol d’eau du chat.

 Lundi, c’était ma fête, et je me suis dit que l’année prochaine, à pareille date, je serais probablement en voie d’être aussi grosse qu’une planète.

Je veux un blond aux yeux bleus, mais dans six mois.

8 mars 2008

Pour être maman, faut aussi s’acheter beaucoup de tests de grossesse. Halle Berry en a genre 300 négatifs dans ses tiroirs. Moi j’en ai longtemps gardé un comme porte-bonheur, dans la pochette de ma sacoche bleu poudre. J’avais dix-huit ans, je pensais avoir le sida, des condylômes et un bébé de deux pères différents.

 Have ourselves a good time, it’s nothing at all, nothing at all.  

En écoutant du Radiohead, j’avais pissé sur une languette, dans la salle de bains au sous-sol de la maison de mes parents. Aucune ligne après trois minutes. Aucune ligne après cinq minutes. Test défectueux. J’avais pleuré. Et racheté un test le lendemain. Qui s’est retrouvé des années dans ma sacoche, en guise de porte-bonheur. C’est un peu bizarre, mais moi je crois pas trop aux trèfles à quatre feuilles et tout, alors une languette avec une ligne bleu et de la pisse séchée, pourquoi pas.

 

Finalement, je n’avais ni le sida, ni des condylômes, ni de fœtus dans mon ventre de salope.

 

Cette semaine, je suis en retard. Je suis jamais en retard, évidemment. Et même si je veux vraiment vraiment un enfant, je me suis mise à penser au vin blanc, aux bandelettes de blanchiment pour les dents, à la teinture blonde, aux bières light, tout ça très toxique pour un bébé. Et j’ai croisé mes doigts, j’ai pas osé prier, mais je me suis achetée trois tests de grossesse. Un trop compliqué, avec une pipette que je savais pas comment utiliser. Les deux autres, super simples, je suis la pro du pipi sur les doigts. En tout cas, les trois tests, négatifs. Mais j’ai encore un peu peur. Je suis très très en retard. Je suis peut-être enceinte, je suis peut-être cancéreuse des ovaires ou je suis peut-être juste parano.

 

Pour être maman, faut pas croire aux accidents. Faut se dire comme mon monsieur, que c’est le hasard. Mais vraiment, je préfère croire aux test de grossesse négatifs. Je veux pas d’accidents, ni de hasard. Si je pouvais, je choisirais même la future date de naissance de mon enfant.

 (En fait, j’ai déjà pensé choisir les signes astrologiques des cinq enfants que je veux, mais je trouve que c’est un peu exagéré, quand même. Maintenant je souhaite juste que ce soit pas des Poissons ou des Vierges, parce que je m’entends pas super bien avec ces signes-là, et Vierges, ça fait tellement mauvais destin, non.)

  Troisième mission : acheter cent tests de grossesse, en prévision du vrai bonheur.

Mais Skipper, elle me gossait vraiment trop

18 février 2008

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Je sais, c’est pas nouveau, les Bratz. Mais dans ma vie, oui. Mon monsieur a une petite princesse qui en a reçu une, une petite princesse qui joue maintenant avec une poupée aux lèvres surdimensionnées, bonnes qu’à sucer, et qui a des fuck-me boots hallucinantes. J’ai aussi loué une vidéo dernièrement, pour faire plaisir à la princesse, et c’était une vidéo avec les Bratz en gamines de quatre ans, déjà affublées de cellulaires en permancence à l’oreille et en plus, aux dix minutes, il y avait toujours une charmante Bratz pour dire un commentaire du genre « Oh les centres commerciaux c’est mon temple à moi. ».

 Moralisatrice, exagératrice, whatever, moi j’ai décidé, jamais de Bratz dans les mains de mon futur bébé, même si les Bratz ont des bérets à la mode et des minijupes que je voudrais avoir en format extra extra large pour moi.

   Je choisis Barbie. Barbie avec ses yeux de biche toujours bien maquillés. Barbie avec ses longues jambes qui se plient pas pour se mettre à genoux devant un mec. Barbie qui peut devenir médecin, hôtesse de l’air ou gardienne de chenil. Barbie qui peut devenir soudain très laide entre mes mains, quand j’étais toute petite et que j’étais très obsessive par rapport aux coupes de cheveux de mes poupées.

 Et même si des gamines déshabillent leur Barbie vêtue de Versace ou de Pucci, pour la faire baiser avec Ken ou une poupée des New Kids on the Block (c’est pas moi qui jouait à ce jeu-là, c’était ma cousine perverse, qui me renseignait en même temps sur les marques de condoms utilisés par ses  parents), c’est pas épeurant, c’est pas hypersexuel, c’est pas malsain, et c’est total mieux comparé aux cris de jouissance poussés par les Bratz accros à l’achat de pantalon en cuir de dominatrix.

 Et puis Barbie, c’est un role model. Elle a été créée par Ruth Handler, la femme de monsieur Mattel, parce qu’elle, quand elle était une petite Ruth de douze ans, elle était super gênée de ses seins et elle marchait toujours le dos courbé, honteuse. Barbie, c’est pas le diable, ni un idéal fantasmé de la femme, c’est une poupée historique, une gâterie pour gamines, une incarnation du rêve américain. Yo Barbie, elle peut même être astronaute. Moi, ça m’épate.

source photo telegraph.co.uk

Je veux aussi une boite de petites culottes comme ça

13 février 2008

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Si les bébés viennent d’une cignogne, ou d’une feuille de chou, il est presque normal de voir des petites chaussettes apparaître d’une boite d’œufs!

 Deuxième mission de Mélodie : trouver des boutiques à Montréal qui vendent des trucs aussi mignons que ça!

Source photo duckduckgooseandcompany.com

Eva est une fille très mystérieuse

13 février 2008

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« Nous sommes encore en phase de lune de miel. Je l’adore, mais je peux pas péter devant lui! Je garde ça pour moi. Je dois garder un peu de mystère. »  C’est ce qu’a dit récemment Eva Longoria Parker, la luscious Gaby de Desesperate Housewives. Je sais pas trop quoi en penser. D’accord, c’est bien de se retenir, comme c’est bien de pas faire pipi devant l’être aimé, ni de porter des décolettés trop plongeants devant beau-papa, mais de là à en parler à un journaliste…Me semble que c’est plus noble de dire je ne pète jamais jamais, non.

(Moi je pète jamais jamais, c’est ce que je dis toujours à mon monsieur Big, et quand le bébé sera né, j’aurai l’option d’accuser quelqu’un d’autre que le chat pour des erreurs non désirées.)

 Oh et comment expliquer à bébé que maman a déjà posé nue. Et avec des chaînes. Et c’est quoi le rapport des chaînes. Vraiment, super excitant.

source photo manmademag.com

Je prie pour toi, Jamie Lynn

12 février 2008

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Nicole Richie a accouché et est devenue super mince après deux semaines. Halle Berry devrait accoucher ou exploser bientôt. Jennifer Lopez va présenter ses quintuplés en exclusivité à une revue british. Angelina Jolie va adopter trois autres bébés avant de bien confirmer sa grossesse. Et Jamie Lynn Spears, pendant ce temps-là, qu’est-ce qu’elle fait, la pauvre chouette? Elle a seize ans, de plus belles jambes que Britney présentement, et un bébé dans le ventre, d’un père qui l’a supposément laissé tomber, pour se concentrer sur une nouvelle chatte. Je veux dire, vraiment, pauvre pauvre chouette. Quelques pseudo personnes importantes lui offrent leurs sages paroles, traduites approximativement by moi.

 Dianne Farr : «  Sois gentille avec ta maman, lèche-lui bien le cul. Tu vas avoir besoin de son aide dans les prochains mois. » * De l’aide, surtout pour bien se vendre aux magazines et après donner le bébé à une tante lointaine en Louisianne.

 Gloria Feldt : « Ne sois pas conne. Ne te dis pas que tu auras plus jamais de sexe de ta vie. Va te chercher de bons contraceptifs. Et dis à toutes tes amies innocentes de faire la même chose que toi. »* Le meilleur contraceptif qui soit est d’être totale nympho pendant la grossesse et après de baiser qu’avec des filles.

 Mélodie Nelson : «  Porte toujours des talons très hauts. Comme ça, si tu tombes, tu perds le bébé sans besoin d’avortement comme Lili Allen. Après, go go go, la tournée des talk-shows en pleurs, la publication d’un livre sur cette terrible épreuve, et un an après, on recommence tout, grossesse, photos avec maman manager sanguinaire, chute, etcétéra. »

Source photo starpulse.com

Babymoon : dernières vacances pour les dix-huit prochaines années

12 février 2008

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Dans le Glamour du mois de mars, que j’ai lu au bain,, dans une eau qui m’a laissé une peau super sexy rouge homard, une tendance vraiment cool est aprouvée par 91% des lectrices : aller en babymoon. Cette tendance m’a l’air super sympa, le couple qui attend un bébé s’en vont un moment (une journée, une semaine, deux semaines, whatever), afin de relaxer avant les crises de Bébé Naissant. Le couple dort, baise et relaxe, mangent des biscuits aux pépites de chocolat tout en se demandant si Bébé aura le nez de papa ou de maman. Au Canada, il y a des forfaits MOMassage et Mamma Mia dans certains Hyatt Regency.

Trop cool. À quand les vacances pour le premier mois de grossesse, pour la première échographie, pour l’après-déchirement du rectum?

Nicolas comme dans Nicolas Bruni

12 février 2008

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J’ai piqué un livre sur les prénoms à huit ans. C’était à ma mère et mon nom n’apparaissait même pas dedans. La grosse frustration. Pire que de ne plus avoir de pains aux raisins pour le petit déjeûner. J’ai appris que ma mère avait eu le coup de foudre pour une de ses élèves qui s’appelait comme moi. Le truc qui m’énervait c’est que ma mère enseignait à des handicapés. Je dis pas que j’ai quoi que soit contre les handicapés (à part contre ceux qui sont très très handicapés, ça j’ai un peu de misère, avec la morve qui coule, les yeux qui louchent, les hurlements, les étouffements, le bras qui ressemble à un chou-fleur et tout), mais quand même, j’aurais préféré que ma mère s’inspire d’une héroïne de roman, ou d’une scientifique pas lesbienne. Enfin, bref, j’ai un peu plus de huit ans maintenant et j’adore encore les livres de prénoms. Je voulais trouver la définition du nom Carla, mais j’ai pas trouvé dans celui que j’ai emprunté à la bibliothèque (Un prénom pour mon enfant, de Jean-Marc de Foville) alors j’ai choisi Nicolas.

Nicolas : « Les dieux le protègent. Tous les dieux. Comme autant de bonnes fées penchées sur un berceau. Si ce prénom, depuis l’Antiquité, a connu un tel succès dans tant de pays, c’est sans doute, en effet, qu’il porte chance. Il est comme une pluie de dons. Nicolas, ensuite, en fera ce qu’il voudra, les utiliseraou les laissera en friche, mais il aura été pourvu à sa naissance d’un capital inestimable. Volontaire jusqu’à l’entêtement, assez peu soucieux de l’opinion d’autreu, il n’est pas sûr que la réussite professionnelle l’attire. Il se sent assez bien armé pour vivre à sa guise; l’originalité ne l’effraie pas et ses ressources propres lui suffisent. Esprit rationnel et intelligence méthodique, aucun domaine ne lui est fermé. Éloquent, subtil, habile à démêler les problèmes les plus complexes, il est aussi à l’aise dans les sciences abstraites ou la métaphysique que dans le jeu de la politique ou des affaires. Mais comme une petite musique ironique et perverse, Nicolas écoute parfois une voix venue de très loin et qui lui murmre « à quoi bon? »

Analyse brillante de Mélodie : Nico est fait pour être un président qui se fouette des sondages négatifs, tant qu’il entend les soupirs mélodieux de sa déesse Carla.

Photo Reuters

Res melius evinissent cum Coca

11 février 2008

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Je suis addict à beaucoup de choses. Aux revues à potins. Aux baumes à lèvres. À Christina Aguilera. Aux petites culottes d’American Apparel. Aux cupcakes avec beaucoup beaucoup de glaçage. Mais surtout addict au coca-cola zero. J’en ai besoin d’un le matin, pendant le trajet d’autobus de chez moi jusqu’au travail. Un autre coca l’après-midi quand je commence à m’ennuyer et à rêver de m’endormir en lisant un roman policier. Un autre en soirée, quand je m’épile les sourcils ou que je m’applique du vernis à ongles, en écoutant une série genre So Notorious ou Weeds. Je m’en fouette d’être addict. Je pense que c’est très sain d’être addict à plein de trucs divertissants. En autant que ce soit pas le lancer du javelot ou la masturbation à l’aide d’une bouteille de Vim. Le seul problème avec le coca, c’est qu’il faut absolument que j’accepte, pendant neuf mois, de pas en boire beaucoup, maximum un par jour, je pense. La caféine, c’est mauvais pour les bébés, il paraît.

Alors, première mission pour Mélodie : se préparer psychologiquement à la perte de ses 2000 mL de coca par jour.

source photo americanapparel.ca et Jorge Barrios trademark


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