Faire semblant d’être hot, hot, hot.
Jeudi 13 novembre 2008Les chéris, j’ai un autre site, qu’il faut voir absolument : http://melodienelson.wordpress.com/
Les chéris, j’ai un autre site, qu’il faut voir absolument : http://melodienelson.wordpress.com/
Moi j’aime les histoires, j’aime l’histoire de ma rencontre avec mon monsieur Big, j’aime l’histoire d’amour de près de trente ans de mes parents, j’aime tout ce que raconte Bukowski ou Garcia Marquez ou Evelyn Lau. Je voulais une belle histoire. Je voulais dire à mon garçon, ou à ma fille, je suis partie une semaine, en voyage, dans un pays chaud, aux ouragans trop fréquents, un pays envahi par les libano-anglaises exhibitionnistes, un pays aux vagues de six mètres, au sable pâle. Je voulais raconter à l’enfant que je n’ai pas encore que j’ai fait l’amour en regardant des oiseaux sauvages, que j’ai pensé à lui à toutes les secondes ou j’étais sur les draps blancs, que j’ai pensé à lui en achetant toutes les robes courtes et sexys pour le voyage, les robes que je pensais porter pour la première et dernière fois avant quelques mois, les robes que je portais pour être tentante, pour me souvenir, grâce aux photos, que j’étais belle et mince. Je voulais raconter tout ça, et revenir ici, et ne pas passer de tests, attendre un peu, l’attendre, bien manger, plus de coca, plus d’alcool, plus de stress, que de belles pensées et un dernier bain chaud moussant.
Mais il n’est pas encore là et quand j’en parle à ma maman, elle dit que je le veux trop, cet enfant, que je la veux trop, cette histoire. Elle est tombée enceinte bang bang en un mois pour moi, et bang bang un mois pour mes frères aussi.
Quand j’avais quinze ans, je ne voulais pas d’enfants. Je me disais que de toute façon, j’étais infertile ou certaine de mourir avant trente ans. Je voulais écrire et mourir sur la route, avec une robe vintage abîmée par la pluie. Je veux pas. Je veux pas être infertile, avoir des ovaires inutiles ou mourir avant trente ans. Je n’y crois plus. Mais j’ai peur quand même un peu, un tout petit peu, peut-être que ma maman a raison, peut-être que je veux trop.
Mais pourtant, j’ai toujours ce que je veux, je suis tout le temps heureuse, j’ai mes abricots, mes revues à potins, mes souliers rose bonbon, mon amour, mon amour aux poings fermés, qui s’acharne sur des ordis, et moi, et moi, je m’acharne sur rien du tout, je crois, je suis heureuse, mais j’y pense trop. Je veux mon histoire, je veux raconter la plus belle des histoires et caresser mon ventre tout le temps, tout le temps.
Princesse : Je connais pas encore tous les mots qui existent. Il y en a beaucoup.
Princesse: Est-ce que Dieu connaît tous les mots qui existent?
Moi : Oui. Dieu sait tout, tout, tout.
Princesse : Est-ce que c’est lui qui a inventé tous les mots?
Moi (la supposée seule catho dans la famille) : Euh, oui, tu peux croire ça, Dieu a créé les humains et les humains on créé les mots, alors oui c’est comme si Dieu avait inventé les mots, mais tu sais ton papa et ta maman ne pensent pas comme ça. Tu choisis. C’est des belles histoires han?Est-ce que c’est à l’école qu’on t’a parlé de Dieu?
Princesse : Non.
Moi : En tout cas, euh, tu fais de beaux dessins princesse.

Super maman blé d’Inde et mini bébé blé d’Inde, découverts et photographiés par Mélodie, plus doigt super sexy de monsieur Big.
Pourquoi ta mère te frappe?
Pourquoi ta mère te frappe?
Aie avec quelle fille tu coucherais si elle te disait qu’elle voulait coucher avec toi?
Avec Christine?
Avec Mélissa?
Ouan.
Pourquoi pas avec Christine?
Je sais pas.
Pourquoi pas avec Christine?
Avec Manu?
Ouan.
Pourquoi?
Elle est bien formée.
Formée? Formée. Ça veut dire quoi? Pourquoi Manu est bien formée?
Avec qui d’autre?
Avec Stéphanie?
Ouan. Non. Avant elle était ok.
Elle est à chier solide. Carl l’a baisée.
Avec qui d’autre?
Pourquoi ta mère te frappe?
Je te frappe si tu descends au même arrêt que moi, je te jure.
Me semble.
Je te le jure.
Me semble, tu es trop laid.

Princesse belle-fille a des expressions marrantes, genre oh mon doux et mots de toilettes. Elle dit mots de toilettes pour tout ce que sa mère ne lui permet pas de dire en public (caca, pipi, pet). L’autre jour, quand j’ai utilisé le mot fesses, comme dans je suis assise sur mes fesses, elle a dit chut, faut pas dire des mots de toilettes comme ça. J’étais un peu frustrée parce que fesses c’est pas le plus beau mot du monde (plus que débarbouillette en tout cas), mais c’est surtout pas un mot de toilettes. Faut pas avoir honte de ses fesses. (J’ai pas honte de mes fesses, moi, je pense qu’elles sont extras.) Je lui ai emprunté le livre Vive mon corps, par Reine Marie-Francine Hébert, à la bibliothèque et nous nous sommes bien amusées à lire sur le fonctionnement de notre cerveau et de notre anus.
Après pour être bien certaine qu’elle n’avait honte d’aucune partie de son corps, je lui ai demandé de dire vive mon anus pendant un repas avec mes parents. Tout le monde a trouvé ça très amusant. Une semaine après, toute la famille gueulait vive mon anus sur le quai du chalet familial, dans les Laurentides. J’étais très fière d’amener un peu de civilité à l’éducation de la princesse.
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Être belle-maman, c’est pas toujours le top. Je veux dire j’essuie le cul plein de merde de la plus jeune et elle me dit « je t’aime » après, « je t’aime comme la terre entière » et tout, mais j’ai pas de carte à la fête des Mères et j’ai pas le droit de lui dire « je vais t’envoyer à l’orphelinat si tu finis pas ton assiette » (je l’ai peut-être déjà dit mais c’était en secret, sans la présence du daddy).
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Mais c’est quand même super cool parce que c’est mieux que d’être maman d’un coup, selon moi. Là j’ai le temps de passer de l’étape de jouer aux Barbies à l’étape de jouer avec des poupées vivantes, des poupées de presque cinq ans et une presque ado (j’ai trop hâte de parler de tampons et de premiers baisers avec elle).
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source photo guess.ca
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Dans le bain, avec un masque menthe-aloès sur le visage, gracieuseté de ma super gorgeous dolly Samantha, je réfléchissais très fort. Je me demandais qu’est-ce qui va arriver dès le premier coucou extra-utérus, est-ce que je vais encore pouvoir prendre des bains comme ça, longtemps, le temps d’un Us, de deux-trois articles de Vanity Fair, de deux-trois chapitres de Servan-Schreiber.
Whatever. Je fais le pari que je vais être capable de lire Us en donnant un mamelon au bébé. Du gossip nutritif, je suis géniale.
source photo buzzlife.com
Lundi, c’était ma fête, j’ai vingt-deux ans, une collection de souliers de couleurs bubble gum pop, une pince à sourcils utilisée trop souvent, encore plein de coca zéro dans le réfrigérateur, des gros seins, un livre sur une washingtonnienne obsédée par la queue de politiciens, les pieds les plus laids du monde, des collants troués, le ventre rempli d’une danoise aux fruits des champs, le ventre rempli, mais pas encore rempli comme il le faut, j’ai vingt-deux ans, de belles fleurs sur la table devant moi, une amie extra que je trout slap, j’écoute de la musique gangsta, je suis super heureuse, le printemps, les robes extra courtes dans ma garde-robe, et tout, mais j’ai le ventre vide de bébé.
Lundi, c’était ma fête et j’ai magasiné avec ma maman. Nos sacs de chez Tristan, Chapters et Marciano déposés sur les chaises à côté de nous, nous avons discuté de plein de trucs, d’elle qui m’a eu à vingt-cinq ans, qui se souvient d’avoir tellement aimé être enceinte, qui se souvient que j’étais un gros bébé joufflu, et elle m’a dit, pendant que je mangeais ma salade de quinoa, elle m’a dit qu’elle avait hâte de magasiner avec moi des vêtements de maternité. J’ai ri, j’étais heureuse qu’elle me dise ça, je lui ai dit que je voudrais que des robes super moulantes pour mon bedon, des robes en coton American Apparel qui montreraient bien ma fierté de future maman.
Je suis comme ma maman, même si à quinze ans je voulais pas trop, même si mon visage allongé retient plus de mon papa, j’ai la petite bouche de ma maman, ses yeux foncés, les mêmes envies de croustilles au bacon, et surtout la même envie, celle d’avoir une famille avant mes trente ans. Ma maman, bam bam bam, une fille à vingt-cinq ans, et deux petits gars qui suivent trois ans après, le rêve. Et lundi, le soir, quand je mangeais du gâteau entourée de mes parents, d’un de mes frérôts et de mon monsieur Big, je me disais que je serais comblée si j’étais vraiment comme ma maman, une fois maman à mon tour, mais peu importe, si je deviens pas la reine des croque monsieurs comme elle, je suis déjà tellement chanceuse de pouvoir promettre à un futur bébé les meilleurs grands-parents du monde. Une grand-maman qui lui trouvera des albums rigolos et des jeans avec des cœurs ou des têtes de mort brodés dessus, une grand-maman qui lui donnera des supers calins, et des suçons au beurre. Un grand-papa qui prendra un million de photos de lui, en tutu rose ou en costume de pirate, avec un casque de douche sur la tête ou les pieds dans le bol d’eau du chat.