Archive pour avril 2008

Faut faire semblant de s’inquiéter pour des riens.

Mercredi 23 avril 2008

                           bath.jpg

Dans le bain, avec un masque menthe-aloès sur le visage, gracieuseté de ma super gorgeous dolly Samantha, je réfléchissais très fort. Je me demandais qu’est-ce qui va arriver dès le premier coucou extra-utérus, est-ce que je vais encore pouvoir prendre des bains comme ça, longtemps, le temps d’un Us, de deux-trois articles de Vanity Fair, de deux-trois chapitres de Servan-Schreiber.  

Whatever. Je fais le pari que je vais être capable de lire Us en donnant un mamelon au bébé. Du gossip nutritif, je suis géniale.

source photo buzzlife.com

Ça donne le goût de le faire pendant quarante-huit heures.

Mercredi 23 avril 2008

animals3.jpg   animals2.jpg    animals12.jpg       

 <<Giving birth is like taking your lower lip and forcing it over your head.>> Carol Burnett

 traduction libre : <<Accoucher c’est comme faire la split pendant qu’on te fait un piercing dans le clito.>>

source photo langatonalpacas.co.uk, pandafix.com

Comment perdre le poids du bébé avant même d’être enceinte.

Mercredi 23 avril 2008

girls.jpg

Tout le monde le sait, ou devrait le savoir, quand tu es enceinte, tu peux juste t’entraîner si tu t’entraînais avant de tomber enceinte. Moi je veux faire comme Jessica Alba, avoir un petite ventre de deux mois de grossesse et une haltère dans une main.

Aujourd’hui aérobie devant la télé, habillée en rouge et blanc, longs bas avec petits coeurs, à bien bouger mon cul en regardant la troisième saison de Girls Next Door. Premier épisode: Kendra donne à Hugh Hefner un toilet paper man pour Noël. Vraiment classe.

source photo starpulse.com

Baby lust ou Harvard.

Mercredi 23 avril 2008

renee.jpg              child-free.jpg

Moi je veux une maison avec une pièce framboise, apprendre à bien laver mes vêtements à l’eau froide (je peux pas toujours supplier à genoux mon monsieur Big), cesser de croiser un voisin fatigant, un ex-soldat barbant, apprivoiser le clavier de mon ordinateur quand j’ai des faux ongles super longs, et je veux aussi, un bébé, évidemment, c’est pas nouveau.  

Mais c’est pas tout le monde qui veut un bébé. 

Et je trouve ça très correct. À douze ans, dans un texte pour l’école, j’avais écrit que je voulais vivre à la campagne, avec mille poules, chevaux et cochons roses, je serais vétérinaire et j’écrirais des romans policiers dans mes temps libres, et si j’ai le temps, vraiment juste si j’ai le temps (je me trouvais bien drôle d’écrire ça), j’aurai un mari, mais pas d’enfants. Là j’ai changé d’idée, pour un tas de raisons très personnelles. Mais surtout, parce que j’ai monsieur Big, qui a déjà deux filles, et qui est le meilleur papa du monde (à égalité avec mon papa). Le voir dessiner des chats comme jamais je serais capable de dessiner des chats, l’entendre chanter une chanson sur les autobus qui roulent, roulent, roulent avec sa petite, voir son sourire quand nous entendons un vrai soap de Polly Pocket endiablées, le savoir inquiet quand sa princesse fait un cauchemar, le deviner hésitant à donner un dernier-dernier morceau de mouton en chocolat…Il fait tout bien, mais les enfants, ça il fait super bien.  

Mais quand j’entends sa petite, à quatre ans, me dire « tu n’es pas une adulte parce que tu n’es pas une maman », je m’étouffe. Et même si je lui explique trois-quatre fois, elle comprend pas, elle dit que je suis une enfant encore. Et ça me frustre. 

C’est pour ça que je suis contente de tomber, coup sur coup, sur un texte d’Elinor Burkett, qui raconte que sa mère lui a toujours dit qu’elle n’avait pas à trimballer une poupée avec elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qu’il y avait des choses beaucoup plus importantes que ça, dans la vie. Et je pense pas qu’elle voulait dire acheter des souliers à talons hauts. Elle voulait dire voyager sans sac à couches, écrire pour le Miami Herald, pour Salon, pour le New York Times Magazine, pour le Elle, ne pas devenir une stay-at-home mommy avec un doctorat perdu dans une boite en carton. Et j’ai découvert aussi une citation de Renée Zellweger qui proclamait que « Motherhood has never been an ambition. » 

Et je trouve ça bien, d’avoir le choix, de dire que moi j’en veux vraiment un enfant, peut-être deux, peut-être trois, whatever, j’en veux. Mais je veux pas non plus que ça me détermine. Je veux pas être en attente de mon statue d’adulte.  

Parce ce que je suis déjà adulte ostie, je couche avec ton papa, princesse!

source photo starpulse.com

Même sur Facebook, on peut recevoir des tests de grossesse en cadeau.

Lundi 14 avril 2008

Juste parce que ça m’a trop marqué. Et parce que c’est quand même rigolo, d’être autant dépendante d’une petite ligne rose ou bleue.

“La légendaire pipette bleue vendue en pharmacie doit battre tous les records par sa capacité à bouleverser une vie…Cinq secondes de trempage et soixante d’attente…Les amours se déclarent dans des lieux romantiques ou des situations torrides, les enfants s’annoncent dans des salles de bains.”

Florence SERVAN-SHREIBER, Conseils d’amie avant d’avoir son premier enfant, 2007

Je suis pas encore dangereusement vieille, ni merveilleusement grosse comme Uranus.

Mercredi 2 avril 2008

quino.jpg           marciano.jpg            planete.jpg 

Lundi, c’était ma fête, j’ai vingt-deux ans, une collection de souliers de couleurs bubble gum pop, une pince à sourcils utilisée trop souvent, encore plein de coca zéro dans le réfrigérateur, des gros seins, un livre sur une washingtonnienne obsédée par la queue de politiciens, les pieds les plus laids du monde, des collants troués, le ventre rempli d’une danoise aux fruits des champs, le ventre rempli, mais pas encore rempli comme il le faut, j’ai vingt-deux ans, de belles fleurs sur la table devant moi, une amie extra que je trout slap, j’écoute de la musique gangsta, je suis super heureuse, le printemps, les robes extra courtes dans ma garde-robe, et tout, mais j’ai le ventre vide de bébé.

 

Lundi, c’était ma fête et j’ai magasiné avec ma maman. Nos sacs de chez Tristan, Chapters et Marciano déposés sur les chaises à côté de nous, nous avons discuté de plein de trucs, d’elle qui m’a eu à vingt-cinq ans, qui se souvient d’avoir tellement aimé être enceinte, qui se souvient que j’étais un gros bébé joufflu, et elle m’a dit, pendant que je mangeais ma salade de quinoa, elle m’a dit qu’elle avait hâte de magasiner avec moi des vêtements de maternité. J’ai ri, j’étais heureuse qu’elle me dise ça, je lui ai dit que je voudrais que des robes super moulantes pour mon bedon, des robes en coton American Apparel qui montreraient bien ma fierté de future maman.

 

Je suis comme ma maman, même si à quinze ans je voulais pas trop, même si mon visage allongé retient plus de mon papa, j’ai la petite bouche de ma maman, ses yeux foncés, les mêmes envies de croustilles au bacon, et surtout la même envie, celle d’avoir une famille avant mes trente ans. Ma maman, bam bam bam, une fille à vingt-cinq ans, et deux petits gars qui suivent trois ans après, le rêve. Et lundi, le soir, quand je mangeais du gâteau entourée de mes parents, d’un de mes frérôts et de mon monsieur Big, je me disais que je serais comblée si j’étais vraiment comme ma maman, une fois maman à mon tour, mais peu importe, si je deviens pas la reine des croque monsieurs comme elle, je suis déjà tellement chanceuse de pouvoir promettre à un futur bébé les meilleurs grands-parents du monde. Une grand-maman qui lui trouvera des albums rigolos et des jeans avec des cœurs ou des têtes de mort brodés dessus, une grand-maman qui lui donnera des supers calins, et des suçons au beurre. Un grand-papa qui prendra un million de photos de lui, en tutu rose ou en costume de pirate, avec un casque de douche sur la tête ou les pieds dans le bol d’eau du chat.

 Lundi, c’était ma fête, et je me suis dit que l’année prochaine, à pareille date, je serais probablement en voie d’être aussi grosse qu’une planète.


 Subscribe in a reader